RABEYA ET RUKAYA SEPAREES POUR LA VIE

Miracle de la science ! Deux jumelles siamoises bangladaises reliées par la tête ont pu être séparées début août à Dacca au terme d’un long processus chirurgical, ont annoncé les médecins hongrois qui ont procédé à l’opération dans le cadre d’un projet humanitaire. Les deux fillettes se trouvent dans un état « stable après la séparation finale », qui a duré une trentaine d’heures et mobilisé une équipe de 35 spécialistes hongrois, a indiqué à l’AFP le neurochirurgien Andras Csokay. « Nous devons encore être très prudents dans la phase post-opératoire », a ajouté le praticien, qui a dirigé l’opération pour le compte de l’ONG hongroise Fondation Action pour les Personnes sans Défense (ADPF).

Rabeya et Rukaya, 3 ans, étaient nées avec leurs deux crânes reliés entre eux par le haut, une rare malformation qui dans la majorité des cas conduit à une mort précoce des nouveau-nés. Seules de très rares opérations se sont conclues avec succès à ce jour. « C’était une des malformations les plus importantes et les plus compliquées que j’ai jamais vues », a confié Gergely Pataki, en charge de la chirurgie plastique.

L’espoir d’une vie normale

L’opération s’est déroulée à l’Hôpital militaire de Dacca, où le père des jumelles, Rafiqoul Islam, n’a pas caché sa joie. « Les médecins ont séparé mes bébés. Je les ai vues de mes propres yeux. Elles vont bien maintenant », a-t-il témoigné, « J’espère que mes filles vont se rétablir complètement et pouvoir mener une vie normale ».

Rafiqoul Islam, un enseignant dans la région rurale défavorisée de Pabna, avait pris contact en 2017 avec l’ADPF, une organisation hongroise créée en 2002 par les docteurs Csokay et Pataki pour offrir une assistance chirurgicale aux plus démunis. En 2018, le chirurgien hongrois Istvan Hudak avait une première fois opéré les fillettes à Dacca afin de dissocier les veines courant entre les deux têtes.

Une quarantaine d’interventions en Hongrie

Rabeya et Rukaya se sont ensuite rendues en Hongrie en janvier pour y subir durant six mois une série d’une quarantaine d’interventions destinées notamment à écarter progressivement les deux crânes à l’aide d’un système d’implants et à générer de nouveaux tissus. Elles sont retournées au Bangladesh le 21 juillet, accompagnées de l’équipe médicale de l’ADPF, pour subir l’opération finale dans leur pays.

Les chances de réussite du processus, qui a mobilisé au total une cinquantaine de spécialistes et le recours à des simulations 3D, avaient été évaluées à 50 % lors de son lancement par l’ADPF. L’ONG revendique quelque 500 opérations de chirurgie réparatrice menées en Afrique et en Asie, où elle a notamment traité des Rohingyas réfugiés au Bangladesh depuis la Birmanie.

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